Dear Readers,
Today, I let you discover First Daughter ‘s latest contribution to the blog.


People’s lives are divided into periods, or cycles. Everyone has had difficult times when nothing is going as well as we would like.

My life always seems to oscillate between three aspects: moments when I feel that everything will be fine, that I am doing well, and that I just have to be happy with what I have right now. Then come moments when I feel terribly alone, when I feel that everything is going wrong and that my place is in an asylum for the unassimilable in society. It is one of the side effects of my youth, not knowing where you are in life, not knowing your place, because you don’t really know yourself. Finally, there are the moments when a kind of insurrection against society rises in me, when I am suddenly caught up in a dazzling energy. Where the conditions of my life that formed me as I am today seem unfair.

We are all different, of course, but there are still types of personalities with their tendencies that are found in some individuals. In my case, I consider myself introverted and a bit of a lone wolf.

There is a tendency in modern society to belittle people who do not know how to behave as extroverts, the way that facilitates contact between all individuals. This devaluation of introverts may be understandable in terms of purely social relations, but it nevertheless contributes to the containment of this type in relation to other types of personalities. And it’s these kinds of thoughts that make me wonder: am I really introverted or is it just the remnants of my “bad” period that prevent me from getting fully involved in life?

When I talk about my personal relationship to the world around me, or everyone’s relationship to that world, I instinctively think of Camus’ philosophy. He said that when we feel prey to injustice, our only opportunity for change is action. Yet this is in contrast to everything I’ve been doing since I was born. My life consists mainly of compromises and conciliations, mainly due to my fear of being wrong. There are few things I can say for sure. I envy those who have an ideology on which to base themselves fervently. As far as I’m concerned, I haven’t found it yet. I thought I had discovered it with the Camusian doctrine, but despite my willingness to participate, I cannot. I haven’t found my cause. And how could I claim to be a follower if I don’t practice it?

One of my main evils is the desire to escape. Here again, the escape is opposed to Camus’ ideas, for whom it is the worst way to go. Sometimes I feel that my life is devoted to escaping so-called uncomfortable situations. I flee my condition, rather than embark on the quest for my personal happiness. Camus was fighting for a better world, a philosopher committed to world affairs, always in revolt against the forces that would harm the world, and men, while I only seek my personal happiness.

As a result, I feel terribly small, my mind is riddled with romantic notions of the world without being able to detach myself from it. There is a willingness to do great things in me, but the horizon does not seem to promise me the opportunity, so there follows a period of inactivity, where daily habits become my main concerns. Rainer Maria Rilke said: “If your daily life seems poor to you, do not blame it. Accuse yourself of not being a poet enough to remind yourself of its riches.” And Sylvain Tesson adds: “We alone are responsible for the gloom of our lives. The world is grey with our dullness. Does life look pale? Change your life, go to the huts. In the woods, if the world remains dull and the people around you are unbearable, it is a verdict: you can’t stand yourself! Then make arrangements.” These are certainly beautiful words, but what should I do with them? Is my existence nothing but bland? Is it true that I can’t stand myself anymore? That’s a very poor verdict on my mind. I recognise the fact that this is a path, an evolution that I have to tackle myself, but it makes me impatient. I would like it to start right away, I get impatient to start my life.





Chers Lecteurs,
Je vous laisse découvrir aujourd’hui la nouvelle contribution au blog de ma fille aînée.


La vie des gens se découpe en périodes, ou en cycles. Tout le monde a vécu des moments difficiles où rien ne va comme on le souhaite.

Ma vie semble toujours osciller entre trois aspects : les moments où j’ai l’impression que tout ira bien, que je m’en sors bien, et qu’il me suffit d’être heureuse de ce que je possède en ce moment. Suivent ensuite des moments où je me sens terriblement seule, où j’ai l’impression que tout va mal et que ma place est dans un asile pour les inassimilables de la société. C’est l’un des effets secondaires de ma jeunesse, ne pas savoir où l’on se trouve, ne pas savoir notre place, car on ne se connaît pas vraiment. Finalement, il y a les moments où monte en moi une sorte d’insurrection contre la société, où je suis subitement prise d’une énergie fulgurante. Où les conditions de ma vie qui m’ont formées telle que je suis aujourd’hui paraissent injustes.

Nous sommes tous différents certes, mais il reste néanmoins des types de personnalités avec leurs tendances que l’on retrouve chez certains individus. Dans mon cas, je me considère introvertie et solitaire.

Il y a dans la société moderne, une tendance à rabaisser les gens qui ne savent pas se comporter de manière extravertie, la façon qui facilite le contact entre tous. Cette dévalorisation des introvertis est peut-être compréhensible sur un plan purement de relations sociales, mais il contribue néanmoins à l’endiguement de ce type par rapport aux autres types de personnalités. Et c’est ce genre de pensées qui m’amène à m’interroger : suis-je vraiment introvertie ou est-ce simplement les vestiges de ma période où j’allais « mal » qui m’empêchent de m’impliquer pleinement dans la vie ?

Lorsque j’évoque mon rapport personnel au monde qui m’entoure, ou le rapport de chacun envers ce monde, je pense instinctivement à la philosophie de Camus. Il disait que lorsque nous nous sentons en proie d’injustices, notre seule possibilité de changement est l’action. Pourtant, cela s’oppose à tout ce que je fais depuis ma naissance. Ma vie consiste principalement en des compromis et des conciliations, dus surtout à ma peur d’avoir tort. Il y a peu de choses sur lesquelles je peux me prononcer avec certitude. J’envie ceux qui possèdent une idéologie sur laquelle se baser avec ferveur. En ce qui me concerne, je ne l’ai pas encore trouvée. Je pensais l’avoir découverte avec la doctrine camusienne, mais malgré ma volonté d’y participer, je n’y puis. Je n’ai pas trouvé ma cause. Et comment pourrais-je affirmer être une adepte si je ne m’emploie pas à sa pratique ?

Un de mes maux principaux est la volonté de m’échapper. Là encore, la fuite s’oppose aux idées de Camus, pour qui elle est la pire des voies. Parfois, j’ai l’impression que ma vie est vouée à l’évasion de situations dites inconfortables. Je fuis ma condition, plutôt que de me lancer dans la quête de mon bonheur personnel. Camus se battait pour un monde meilleur, un philosophe engagé dans les affaires du monde, toujours en révolte contre les forces qui nuiraient au monde, aux hommes, alors que moi, je ne recherche que mon bonheur personnel.

De ce fait, je me sens terriblement petite, mon esprit est criblé de notions romanesques du monde sans que je puisse m’en détacher. Il y a en moi une volonté d’accomplir de grandes choses, mais l’horizon ne semble pas m’en promettre l’occasion, s’ensuit alors une période d’inactivité, où les habitudes quotidiennes deviennent mes préoccupations principales.

Rainer Maria Rilke disait : “Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour rappeler à vous ses richesses.” Et Sylvain Tesson y ajoute : “Nous sommes seuls responsables de la morosité de nos existences. Le monde est gris de nos fadeurs. La vie paraît pâle ? Changez de vie, gagnez les cabanes. Au fond des bois, si le monde reste morne et l’entourage insupportable, c’est un verdict : vous ne vous supportez pas ! Prendre alors ses dispositions.” Ce sont certes de beaux mots, mais que dois-je en faire ? Mon existence, n’est-elle que fadeur ? Est-ce vrai que je ne me supporte plus ? Voilà un bien piètre verdict de mon esprit. Je reconnais le fait que c’est un chemin, une évolution que je dois moi-même effectuer, mais cela m’impatiente. J’aimerais que cela commence tout de suite, je m’impatiente à commencer ma vie.





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